Cinq dimensions pour appréhender la pédagogie active

Cinq dimensions pour appréhender la pédagogie active

Cinq dimensions pour appréhender la pédagogie active
La méthode d’enseignement dénommée la « Pédagogie active » est aujourd’hui adoptée dans plusieurs universités prestigieuses de par le monde. Le choix de cette méthode se justifie par l’efficacité de toutes les dimensions qui la sous-tendent. En vue d’élucider les paramètres de cette « Pédagogie active » aux étudiants, nous avons eu un entretien avec le professeur Serge BOUCHARDON de l’Université de technologie de Compiègne.
Comme l’indique son nom, la « pédagogie active » vise à rendre l’apprenant totalement actif et dynamique dans son parcours de formation. Ainsi, elle peut être déclinée en plusieurs dimensions :
Le « faire pour comprendre »
Cette première dimension de la pédagogie active met en avant l’apprentissage par la pratique. Selon le professeur BOUCHARDON, « le comprendre pour faire » est important mais également le « faire pour comprendre ». Contrairement à la méthode classique d’enseignement, « le faire pour comprendre privilégie la conception de dispositif technique mais aussi la création qui sont très importantes dans le parcours de l’étudiant ». L’objectif est de former des étudiants plus compétents à la sortie de leur formation.
La classe inversée
La classe inversée désigne « l’idée que tout ce qui a une dimension théorique va se travailler chez soi individuellement par les élèves et les étudiants qui vont arriver devant les enseignants et poser les questions ». L’enseignant va ensuite vérifier qu’ils ont bien compris et effectivement l’étudiant est beaucoup plus actif que s’il se contente d’assister à un cours magistral », explique le professeur.
L’enseignement à la carte
Ce qui est également mis en place dans la pédagogie active, souligne le professeur Serge BOUCHARDON, « c’est l’enseignement à la carte, à savoir que l’étudiant construit lui-même son parcours ; il choisit lui-même les enseignements auxquels il veut participer. Il construit son parcours en cohérence avec ce qu’il veut faire après et avec les bases qu’il doit acquérir. Cela permet de renforcer l’autonomie de l’étudiant, donc son appropriation de l’apprentissage est effectivement une forme d’activité. Il y a une forme d’enseignement plus personnalisée, plus individualisée. C’est l’étudiant qui construit sa formation pour son projet professionnel ».
La professionnalisation
Le professeur estime que la pédagogie active, c’est aussi l’idée que l’étudiant construit un projet tout au long de son parcours, de sa formation. Il n’est pas là pour recevoir juste un enseignement et se demander au bout de 3 ou 5 ans ce qu’il va faire. L’enseignement par la pédagogie active lui permet aussi de construire son projet professionnel. C’est en cela qu’on peut dire que l’enseignement est professionnalisant.
Le travail en équipe
On parle aussi de pédagogie par projet où les étudiants apprennent en pilotant des projets, mais ils le font en équipe, souligne le professeur BOUCHARDON. Ils apprennent pendant la formation à gérer une équipe, à gérer les relations au sein d’une équipe. Il y a de la complémentarité et de la diversité, parfois des conflits qu’il faut savoir gérer. Les étudiants apprennent cela aussi dans la formation. Quand ils seront après dans leur vie professionnelle, ils auront déjà appris à gérer toutes ces dimensions qui sont tellement importantes quel que soit le secteur d’activité.

Au départ, « la pédagogie active peut être déstabilisante pour l’étudiant. Il peut perdre un peu le repère, avoir un sentiment d’insécurité, mais au final il sera mieux préparé à la vie active ».